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Municipales 2008
 
Municipales 2008 : toujours pas de boussole

Les résultats de ces élections municipales ne bouleversent pas fondamentalement la donne politique de ces dernières années, aucun trait suffisamment saillant ou structurant pour les années à venir ne semble se dégager..
Tachons néanmoins de tirer quelques enseignements provisoires :

S’agissant d’abord de l’abstention, alors que les dernières échéances (présidentielles, législatives, référendum sur le TCE) avaient donné le sentiment d’un retour du politique avec une abstention en baisse, ces élections marquent le recul de la participation pour des élections locales, en particulier dans les quartiers dits « populaires ».

Ensuite, si les résultats du second tour sont, à n’en pas douter, un avertissement pour le gouvernement, il serait aventureux néanmoins d’en déduire un rejet radical, par nos concitoyens, des politiques conduites par le gouvernement. Certes, nos concitoyens sont inquiets : inquiets face à la montée des prix, inquiets face à la dégradation de leurs conditions de vie, inquiets face à l’arrogance du patronat …et se tournent vers celles et ceux qui, le temps d’une élection, figurent ce mécontentement. Nous savons la volatilité extrême d’une partie de l’électorat et les effets de basculement « mineur » sur le résultat d’élections au scrutin majoritaire. Ce fût le cas, il y a dix mois, au moment des élections législatives, c’est encore le cas aujourd’hui, sans qu’il soit possible d’en conclure une adhésion du corps électoral à un projet plutôt qu’à un autre. D’autant que dans de nombreuses villes, les programmes se structuraient autour de thématiques semblables : logement, transport, qualité de la vie, petite enfance...

Par ailleurs, pour de nombreux commentateurs, la sanction ne concernerait pas prioritairement le contenu des politiques publiques menées par le gouvernement depuis dix mois, le « désamour » des français serait lié d’abord au comportement de Sarkozy dans l’exercice du pouvoir présidentiel. Trop de légèreté, trop de vie privée, trop de vulgarité… que le pouvoir enfin s’incarne dans la figure hiératique du Président ! (Il faut prendre au sérieux ce genre d’explication car la légitimité du pouvoir repose aussi sur des dimensions symboliques, une forme de « sacralité » ou de distance que ne peut incarner la figure « bling bling » de Sarkozy).
La « désymbolisation » du pouvoir présidentiel ajoutée à l’autisme actuel du gouvernement, qui n’entend pas modifier le contenu de sa politique, font peser un risque de crise institutionnelle et sociale grave.

Au soir du second tour, l le PS sort renforcé, laissant à ses partenaires traditionnels (PCF, Verts) un nombre d’élus supérieurs aux élections de 2001. Résultats que des appareils atones durant la campagne et en déficit de perspectives ou d’orientations stratégiques claires ne manqueront pas de valoriser : le PCF pour déclarer qu’il est redevenu la troisième formation politique nationale, les Verts pour se réjouir de quelques succès locaux. Mais globalement, ces élections marquent le renforcement du bipartisme – PS d’un côté, UMP de l’autre – et l’affaiblissement des capacités d’autonomie des Verts comme du PCF. Sur 350 villes de plus de 15000 habitants remportées par la gauche, 250 communes seront gérées par un maire PS, 47 par un maire PCF et 4 par un maire Verts. Des résultats qui ne manqueront pas de peser sur les échéances futures tant la domination du PS reste forte, ses orientations politiques floues et ses majorités municipales composites. Nous savons déjà que de nombreux dirigeants du PS aspirent au recentrage (Collomb à Lyon, Resbamen à Dijon...) et cherchent à entraîner leurs partenaires traditionnels dans cette voie.

Quant au MoDem, ces élections confirment ce que nous savions déjà, soit la difficulté d’asseoir une politique sur une simple posture. La construction d’alliances à géométrie variable reste illisible et peu opérationnelle sur un échiquier politique qui continue à se structurer selon l’axe gauche-droite. Tout en surfant sur la confusion et le désappointement des électeurs, renvoyant dos à dos la gauche et la droite, le Modem désoriente aujourd’hui plus qu’il ne clarifie. Mais attention, les élections à venir (Européennes en 2009 et Régionales en 2010), élections au scrutin proportionnel, pourraient bien remettre le Modem et son leader sur les rails.

Le cas de Annecy

Annecy, « capitale » de la Haute-Savoie, où le représentant des Verts (accompagné de 3 autres Verts ou ex-Verts) depuis de nombreuses années dans cette localité, avait choisi, de se présenter dès le premier tour sur la liste du maire sortant Nouveau Centre (majorité présidentielle). Suspendus des Verts pour la durée des élections, et en attente d’une décision définitive, les 4 candidats ont été élus dès le premier tour sur la liste de droite. Une liste alternative, conduite par un militant de la LCR et composée d’ex-Verts, a obtenu 6% des voix et un élu.

Alain Coulombel
 

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