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Pétrole : quand la crise écologique impacte la crise sociale

L’explosion du prix du baril du pétrole (139 dollars le baril à ce jour) n’est pas un phénomène conjoncturel, c’est une tendance permanente et lourde, même s’il peut y avoir momentanément quelques tassements à des moments de moindre demande. Cette hausse des prix se répercute forcément sur le prix des carburants donc des déplacements, de l’énergie donc du chauffage et sur le prix de tous les produits nécessitant beaucoup d’énergie pour leur production ou incluant des dérivés du pétrole (industrie du plastique ou des cosmétiques par exemple).
Les réponses ne peuvent être l’augmentation des salaires ou la baisse des prix du pétrole. La première parce que cela ferait entrer dans une spirale sans fin derrière des prix dont la courbe de long terme ne peut être qu’ascendante, la deuxième parce qu’elle est utopique face à une matière première en diminution.

Il faut donc faire baisser la pression du prix du pétrole sur l’ensemble de l’économie, car les réserves de pétrole étant limitées et non renouvelables à l’échelle de la vie sur terre, l’offre ne pourra être que de plus en plus inférieure à la demande. Cela ne peut se faire que par la diminution de son utilisation et son cantonnement à ce qui n’est réellement pas substituable dans les 10 ans à venir. Il faut donc chercher à utiliser beaucoup moins de pétrole et reconvertir totalement l’économie vers un monde sans pétrole. Et il y a urgence sinon, l’urgence écologique va se traduire en guerre sociale entre ceux qui auront les moyens financiers d’accéder au pétrole et aux produits dérivés et les autres. Aussi, il faut être inventif dans la recherche de solutions. Ainsi il faut réduire les déplacements inutiles et transformer les modes de déplacements indispensables. Tout ne peut pas être résolu par l’extension des transports en commun car certaines zones d’habitat ne sont pas assez denses. Mais le développement de transports de type « taxi collectifs » est possible et nous pouvons nous battre partout où il y a des élus réceptifs pour imposer ce type de solution avec une prise en charge des collectivités locales et des entreprises lorsque cela concerne les déplacements domicile-travail.

L’isolation des domiciles et la reconversion des modes de chauffage doit aussi faire l’objet de plans immédiats et massifs d’aide financière à toutes les familles qui n’ont pas les moyens de le financer elles-mêmes. Là aussi les collectivités ont un grand rôle à jouer.

Ces deux exemples montrent qu’il est possible d’agir tout de suite et que les mesures bonnes pour l’environnement le sont aussi pour le social en réduisant les factures énergétiques et de transports et en créant de l’emploi dans les métiers concernés. Il faut donc exiger que toutes les collectivités locales fassent de ces deux axes des priorités absolues.

A plus long terme, il faut construire une société où les déplacements motorisés des personnes et des marchandises seront réduits ce qui suppose un autre aménagement du territoire et une relocalisation des productions.

Martine Billard
 

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