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De l’ABC du Capitalisme à l’XYZ de l’Ecologie radicale

« Etre subversif, c’est passer de l’individuel au collectif » Aimé Césaire

La conception utilitariste et productiviste de l’Occident n’est au niveau économique jamais remis en cause ni par la Gauche, ni par une grande partie de l’Extrême Gauche.
Les utilitaristes et productivistes de gauche et de droite, qui jugent le système à ses résultats sociaux, auront deux points de vue plus ou moins compatibles. Pour les uns, le capitalisme produit des rapports entre riches et pauvres toujours plus déséquilibrés en terme de pouvoir et d’inégalités économiques, et une sclérose sociale. Il appartient alors au pouvoir politique de rétablir l’équilibre ; Pour les autres (et parfois les mêmes), il résulte du capitalisme une coopération générale qui inclut les générations passées et futures, et un accroissement de production général qui bénéficie à tous. Une interférence du pouvoir politique ne peut que perturber le système économique et provoquer des pertes. Selon leur sensibilité à l’un ou l’autre aspect, ils préconiseront un arbitrage politique variable.
La Gauche en fait une critique sociale plus ou moins virulente, mais l’aspiration au Progrès est toujours au centre même si elle est intellectuellement infondée. Cette conception utilitariste a détruit peu à peu les liens sociaux. Elle a rabaissé les citoyens à un niveau de consommateurs qui doivent gagner leur vie à plus de 90% avec un statut de salarié. Ce qui veut dire qu’ils ne possèdent pas leur outil de production et qu’ils subissent des orientations dans leur travail qu’ils partagent rarement.
Cette conception a également supprimé le temps de penser et de rêver qui est considéré comme contre-productif, même dans les loisirs il faut être au top ou sinon consommer de la pensée pré mâchée (TV).
Penser et vivre radicalement pose la question de comment sortir du Capitalisme pour échapper à la destruction de la nature, pour refuser la misère et la guerre. Il s’agit de découvrir les « sens » à une nouvelle vie communautaire, ce qui sous-entend d’autres rapports dans la production en y incluant la proximité et à créer de nouveaux liens sociaux. Des communautés de 50 000 personnes à 100 000 maximum, liées entre elles par une nouvelle forme de contrat, qui reste encore à définir. Une région par exemple n’étant que régulateur ou distributeur de richesses.
Le développement durable permet surtout au capitalisme de durer sous un label vert, sans renoncer à son principe premier : faire du profit. La « croissance verte », cet artifice de la vieille croissance teinté de bonne conscience, que l’oligarchie a fini par intégrer. Qui ne vise qu’à perpétuer le système capitaliste sans rien changer à son caractère dévastateur. La croissance verte a été inventée par l’élite pour perpétrer l’illusion technologique et continuer d’engranger des dividendes.
Il faut en Europe gérer un ascétisme de l’abondance (décroissance) pour vivre mieux. Ce vivre mieux doit être pensé et vécu par des collectivités autonomes pour casser l’idée d’une pensée centralisatrice qui peut vite devenir totalitaire. Nous sommes sommés en permanence de faire allégeance à des servitudes « volontaires ». Seul la révolte peut nous mener à la liberté. On peut commencer par les mots ou un langage, cet étrange lieu encore libre, malgré la publicité aliénante et la poursuivre par « le vivre autrement ». Les humains en ont besoin tout de suite, non pas dans des demains électoraux ou des lendemains qui chantent, mais dans un aujourd’hui décalé par le souffle de nos incertitudes.
Une nouvelle pensée pour le XXIe siècle et des moyens pour sortir de l’engrenage, voilà l’une des missions de l’Ecologie Radicale.

Benoist Magnat (AlterEkolo)
 

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