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Urgence pour nos libertés publiques, collectives et individuelles
Avec le réseau RESF, les collectifs de soutien aux personnes sans papiers, collectifs UCIJ, depuis de nombreuses années nous revendiquons le respect de droits élémentaires et combattons les dérives sécuritaires concernant les personnes dites « sans papiers », à commencer par le droit élémentaire de la libre circulation et libre installation pour tous et toutes.
Mais aussi, nous demandons la fermeture des Centres de Rétention (CRA), lieux d’enfermements, d’exclusion de droits.
Nous dénonçons les conditions d’arrestation suite à des raisons « préfabriquées » tel le défaut de port de sécurité, les conditions de défense mal assurées
Face à ces revendications, le pouvoir répond en criminalisant les soutiens. Ainsi, le collectif de soutien aux personnes sans papiers de Rennes fut attaqué en justice par le Ministre de l’immigration en 2008, etc.
L’atteinte aux libertés publiques a donc commencé par celles des immigréEs, elle se poursuit envers les jeunes et les manifestantEs.
A Saint-Nazaire, nous avons connu, coup sur coup, deux exemples flagrants.
Le 3 février 2009, un jeune lycéen, Mickaël a subi une condamnation de 2 mois avec sursis et 300 euros d’amende ; 150h de TIG, allant au-delà de la réquisition du procureur (1 mois avec sursis, 60h de TIG et 300 euros d’amende). Participant en décembre aux manifestations lycéennes, inculpé pour début de feu de poubelle, il avait refusé un prélèvement d’ADN.
Le 2 février 2009, au même tribunal de St Nazaire, 4 hommes de 28 à 47 ans présents à la manifestation du 29 janvier arrêtés, avec brutalités, pour jets de cailloux ont été condamnés pour deux à 4 mois de prison ferme, immédiate, et les deux autres à trois mois ferme sans détention immédiate. La manifestation importante du 29 janvier réunissait 18000 personnes et se terminait comme à l’accoutumé à la sous-préfecture.
Mais contrairement à l’habitude, un déploiement de CRS était bien visible ! Et rapidement ce fut des jets de grenades lacrymogènes et grenades assourdissantes, armes de guerre, des forces de l’ordre envers la tête de manifestation comprenant des enfants ! Ce fut considéré comme une provocation par tous. L’ensemble a ensuite dégénéré, entraînant la dénomination de « émeutes urbaines » dans la presse, ce qui est un peu exagéré ! Le procureur n’hésitant pas à parler de « guerre civile », « barricade », etc.!! L’utilisation des mots est ainsi utilisée pour criminaliser un mouvement !
Suite à la manifestation, une quinzaine de personnes sont arrêtées dont une pour « injure envers un élu » !
Les 4 premiers jugés en comparution immédiate sans pouvoir réunir des soutiens et témoignages contradictoires sont des chômeurs ou des salariés dans la précarité qui étaient là un peu par hasard ! De pauvres bougres ! C’est la misère sociale que nous trouvons là.

Après les faucheurs et faucheuses volontaires, les étrangers avec ou sans -papiers, Tarnac, le journaliste de Libé, voici venu pour le pouvoir en place le temps de s’attaquer aux jeunes , aux militants et militantes, à toux ceux et celles qui veulent agir pour une société juste.
Mais ce sont les libertés de tous et toutes qui sont menacées.

Dans une déclaration commune du 23 janvier 2009, Mouloud Aounit, Olivier Besancenot, Patric Braouzec, Noël Mamère s’élèvent contre de telles atteintes aux libertés et appellent à créer des mouvements de résistance pour les libertés.

À St Nazaire, il s’est constitué un Comité de Défense des Libertés fondamentales contre les dérives sécuritaires, CODELIB, comprenant 21 organisations et des individuEs. Il appelle à une manifestation régionale le 7 mars à 15h et à des rassemblements lors des procès qui se tiendront le 10 mars et se poursuivront en avril et mai. Il est urgent de nous battre tous ensemble. Voici venu pour nous le temps de confluences de tous nos combats. La lutte pour les personnes sans-papiers nous annonçait d’autres luttes à venir. Elles sont inséparables.

Marie-Elisabeth Allaire
 

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