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Municipales 2008
 
Les Verts : un succès en trompe-l’œil ?

Première remarque : nettement moins de listes autonomes qu’en 2001 et y compris des régions entières quasiment totalement en union par choix politique assumé : Pays de Loire, Aquitaine (sauf les villes de Bergerac et St Médard en Jalles en banlieue de Bordeaux), en Haute et Basse Normandie (sauf Ifs dans la banlieue de Caen) etc … Et ce ne n’est pas un hasard, ce sont les régions (Bretagne, Rhônes-Alpes, Nord Pas de Calais …) qui avaient fait le choix des listes autonomes aux régionales de 2004 qui voient le plus de listes autonomes à ces municipales. Dans ces conditions, il n’est pas difficile d’avoir plus d’élus qu’en 2001 (1500 au lieu de 1305). Mais l’expression autonome des Verts, elle a singulièrement disparu, un comble au moment où les urgences écologiques sont de plus en plus au cœur des débats publics.
Lorsqu’on regarde les résultats des listes autonomes, la majorité passe la barre fatidique des 5%, mais il est indéniable que le tassement des scores par rapport à 2001 est réel (–25% en moyenne). Ainsi on ne recense que 7 villes de plus de 10 000 habitants (15 000 en IDF) où les scores ont progressé. Mais ce recensement sous l’étiquette « liste verte » est un peu fallacieux puisque pour nombre d’entre elles il s’agit de listes beaucoup plus larges, y compris parfois sans l’étiquette verte même si certains de ces participants sont notoirement des militants Verts (l’exemple type est Montreuil).
Ce qui est nouveau, c’est l’élection de maires verts à la tête de liste d’union dès le premier tour dans des communes dépassant les 5000 habitants mais aussi le maintien de plus de listes au second tour (17 villes de plus de 3500 habitants dont 6 de plus de 20 000) et qui dans plusieurs cas, malgré la fusion avec des listes clairement étiquetées extrême-gauche (LCR notamment comme à Montpellier) voient leurs scores augmenter au deuxième tour. Cela signifie-t-il que l’époque où les scores Verts et LCR ne s’additionnaient pas serait terminée ?

Deux interrogations apparaissent à l’issue des ces élections
- le refus par le PS de la fusion de deuxième tour avec des listes Vertes ou plus larges va-t-il poussé de plus en plus les Verts vers la recherche systématique de liste d’union au premier tour et par là-même préfigurer leur vassalisation totale vis à vis du PS ? La question est d’importance face à l’accentuation de la politique hégémonique du PS car le choix peut être douloureux, même si nous savons qu’à terme ce n’est plus seulement la tentative de listes autonomes que le PS cherchera à étouffer, c’est aussi toute velléité d’expression autonome politique y compris au sein de majorité de gauche.
- y-a-t-il ouverture d’un espace à gauche d’autant plus important qu’il regroupe écologistes, alternatives à gauche, associatifs locaux etc …implantés localement et avec une expression autonome déjà exprimée lors de précédentes échéances électorales ? et de telles listes sont-elles en capacité de tenir tête y compris à des maires sortants qu’ils soient PS ou PC et de trouver un électorat qui préfère un tel positionnement plutôt qu’une bascule vers le centre comme le propose une partie du PS ? Plusieurs exemples cette fois-ci semblent le montrer.

Pour les Verts, le choix peut donc à terme se poser entre devenir plus dépendants du PS au premier tour ou participer à des listes larges autonomes de type écologie et gauche alternative.

Martine Billard
 

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