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Municipales 2008
 
Les municipales vues de Marseille

A Marseille, une gauche « Ségoleniste » (1), héritière du système clientéliste de Gaston Deferre, a échoué devant le dinosaure Gaudin (49 élus contre 51 plus 1 FN). La stratégie de Jean-Noël Guerini, président du Conseil général des Bouches-du-Rhône, a consisté à ratisser toute la gauche au 1er tour, en allant chercher les individus et sans proposer un projet politique : alors que Les Verts, le PC et même LO l’avaient rejoint, leurs logos ne figurent nulle part (ni leurs propositions : www.guerini2008.fr).

A gauche une liste qui mélangeait les militants non-encartés des collectifs anti-libéraux, la LCR, et quelques déçus des autres partis (« Marseille Contre-attaque a gauche », MCAG), fait un peu plus de 5% au 1er tour, comme le Moudem. Aussitôt, les démo-chrétiens (localement majoritairement ex-Verts) annoncent qu’ils se vendront au plus offrant, et c’est à la gauche. Par contre, aucune proposition n’a été faite à la liste MCAG, qui n’a aucun élu.

Le résultat est qu’au second tour l’électorat du Moudem s’est partagé également entre la gauche et la droite et qu’une partie de l’électorat de MCAG n’a pas voté, entraînant la défaite socialiste.

On peut tirer deux leçons de cette séquence :
- l’alliance au centre ne paye pas.
- le PS n’est plus prêt à laisser des postes aux gauches différentes.

La deuxième est à méditer. Le mouvement entamé lors des régionales de 2004 (où le PS a refusé de fusionner avec Les Verts en Champagne-Ardennes et Midi-Pyrennées) s’est amplifié : à Toulouse, Grenoble, Montpellier, Marseille... (Paris étant un contre exemple) le PS a estimé qu’il ne pouvait pas payer le prix politique du ralliement de sa gauche indocile, et a donc décider de faire payer les dissidents, même au prix de la défaite.

Cela peut signifier qu’il y a un espace politique pour la constitution d’alliances à gauche du PS, y compris avec la LCR dont les voix semblent maintenant s’aditionner, mais qu’elles seront en affrontement total avec les socialistes. La fin du « désistement républicain » ?

Simon Imbert-Vier

Note
1. Patrick Menucci, tête de liste PS dans le 1er secteur, est son ancien directeur de campagne. Jean-Noël Guerini fait partie de ses soutiens.

 

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